Une fille sur deux est donnée en mariage avant l’âge de 18 ans

Au Burkina Faso, la prévalence de mariage d’enfants est de 52%. Une fille sur deux est donnée en mariage avant l’âge de 18 ans. Pour lutter contre cette pratique néfaste qui nuit au bonheur des enfants, le Groupe d’Action de Lobbying et de Plaidoyer (GALOP), avec l’appui du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), organise du 6 au 8 août 2020, une session de renforcement des capacités des journalistes et communicateurs sur cette pratique « peu honorable » au Burkina Faso.

Le 7 octobre 2019, le Groupe d’Action de Lobbying et de Plaidoyer tenait à l’adresse d’une cinquantaine de journalistes et communicateurs, une rencontre de plaidoyer dans la région du Plateau central, à Ziniaré. A cette occasion, la Première Dame du Faso, Sika Kaboré, Présidente du GALOP, invitait les participants à la prise d’engagements fermes pour diffuser des informations relatives à l’élimination de toutes les violences à l’égard de la femme et de l’enfant.

A cette deuxième session de renforcement des capacités des journalistes et communicateurs, qui se tient à Ouagadougou du 6 au 8 Août 2020, elle a réitéré sa demande, invitant les participants à suivre avec attention les différentes présentations sur les causes, l’ampleur, les conséquences et le cadre juridique en matière de cette pratique.

Le Burkina Faso avec une prévalence de 52% de mariage d’enfants, occupe le 5e rang mondial sur cette pratique. Ce rang « peu honorable », selon Sika Kaboré, interpelle nos consciences et appelle de la part de chaque Burkinabè et particulièrement des hommes et de femmes des médias, un engagement et une détermination à travailler à l’atteinte de la tolérance zéro de cette pratique .

Ainsi, cette session de formation vise à outiller les journalistes et communicateurs sur la problématique du mariage d’enfants et de leur permettre de relayer plus efficacement les informations et d’éduquer les populations.

Pour atteindre la tolérance zéro, le GALOP a souhaité mettre en place, à la fin de cette formation, un cadre de concertation et d’action à travers la création d’un réseau de journalistes et communicateurs dont le rôle sera de produire et de diffuser des articles de presse afin de mieux informer les populations et accroitre leur niveau de prise de conscience des effets néfastes de cette pratique.

Pour Mariam Lamizana, Présidente de l’Association Voix des Femmes, membre du GALOP, la sensibilisation continue au regard de la méconnaissance des effets néfastes de cette pratique sur la santé des femmes et des enfants, et au regard de l’ampleur de cette pratique par les populations. Le Burkina Faso occupe le 5e rang mondial en matière de mariage d’enfants, et c’est ce qui, à l’entendre, a motivé les acteurs engagés dans la lutte contre cette pratique, à renforcer les capacités des journalistes afin qu’ils soient des relais à la base, sur les pratiques traditionnelles à éviter pour le bonheur des enfants.

Le GALOP est un regroupement de personnes de bonne volonté, en particulier des épouses de personnalités du Burkina Faso, créé pour apporter sa contribution à l’élimination d’un certain nombre de pratiques traditionnelles qui entravent la santé des femmes et des enfants, parmi lesquelles, les mutilations génitales féminines et le mariage d’enfants.

Armand Kinda
Publié le 06-08-2020 dans Minute.bf