Santé Sexuelle et de la Reproduction: Accès limité des adolescents et jeunes togolais à l’information et aux services

Investir dans la santé de reproduction des jeunes a d’énormes retombées positives favorisant la croissance économique. C’est fort de ce constat qu’il a été demandé aux pays membres du Partenariat de Ouagadougou d’investir davantage dans la santé de reproduction notamment celle des adolescents et des jeunes afin de renverser les tendances.

Ainsi, dans son plan d’action pour le repositionnement de la panification familiale, le Togo prend un engagement majeur en se fixant comme objectif pragmatique et réaliste de porter la prévalence contraceptive de 15,2 % en 2012 à 20,3 % en 2017.

La jeunesse occupe une bonne place, selon Dr NTAPI, Directeur de la santé familiale et de la santé reproduction, un service gouvernemental. Beaucoup d’actions sont prévues à leur endroit, notamment la sensibilisation et l’offre de services. A côté de ces actions, beaucoup d’autres sont menées notamment en matière de sensibilisations sur la planification familiale couplées aux campagnes de sensibilisations relatives à la lutte contre le VIH. A la division de la santé familiale, poursuit le Dr NTAPI, il y a un service qui s’occupe de la santé des jeunes et des adolescents. Ce service va vers les jeunes pour leur parler de la planification familiale tout en les sensibilisant sur leur avenir, leur responsabilité parentale et la protection contre le VIH. Le service santé des jeunes et adolescents s’intéresse à tous les jeunes de toutes les couches sociales qu’ils soient ou non dans le système scolaire.

En dehors des services émanant des pouvoirs publics, plusieurs organisations non gouvernementales oeuvrent également sur le terrain. C’est le cas de l’Association Togolaise pour le Bien-Etre Familial (ATBEF) qui, selon Théophile TOSSOUKPE, le coordinateur de l’antenne maritime du centre des jeunes, cette ONG d’utilité publique, leader en matière de Planification Familiale au Togo depuis 1975, est en train de finir la troisième étape du projet appelé « Education sexuelle complète », un projet qui vise à sensibiliser les jeunes sur la santé sexuelle et de la reproduction.

Ce projet a fait l’objet d’une expérimentation dans dix-huit établissements qui sont des établissements pilotes. «Au centre des jeunes, nous sommes dans la prévention ; nous accueillons des jeunes aussi bien des scolaires que des extrascolaires. Des causeries éducatives en matière de la santé sexuelle, de grossesses précoces, d’avortement sont organisées pour les sensibiliser. Nous allons dans les établissements scolaires et les centres d’apprentissages pour parler de ces phénomènes aux jeunes. En dehors du volet éducationnel, nous avons la PF. Nous mettons d’abord l’accent sur l’abstinence sexuelle et nous distribuons des condoms pour ceux et celles qui ne peuvent pas s’abstenir afin qu’ils se préservent des IST et des grossesses précoces», a expliqué le coordinateur Théophile TOSSOUKPE.

En dehors des services offerts aux jeunes en matière de PF par les autorités et les organisations non gouvernementales, il reste encore beaucoup à faire. Pour preuve, le centre des jeunes de l’ATBEF qui demeure la seule pour la Région Maritime, composée d’une dizaine de préfectures. Les autorités doivent veiller à mettre en place des centres similaires de jeunes dans presque toutes les préfectures afin de permettre aux ayants droit de bénéficier des indispensables services en PF comme le souhaite la jeune Lucie Mensah, 22 ans : «J’aimerais voir un centre des jeunes digne de ce nom et des prestataires bien formés pour la cause.»

Patricia ADJISSEKU