Santé reproductive: « Burkinbi Wili » pour suivre les engagements nationaux

Koudougou a accueilli du 21 au 24 mai 2018 un atelier d’incubation de projet en santé sexuelle et reproductive des adolescents et des jeunes. Cet atelier qui s’inscrit dans le cadre du FONDEMSAN de l’Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS) a débouché sur un nouveau projet : « Burkinbi Wili ».

De récentes données indiquent que de 2003 à 2018 au Burkina Faso, l’utilisation de la contraception s’est accélérée. Les utilisatrices de méthodes contraceptives modernes se sont multipliées par cinq. Les besoins satisfaits exprimés se chiffrent, quant à eux, à 58% en 2018.

Des résultats de bon augure qui révèlent une baisse considérable du taux de mortalité maternelle et infantile. Mais derrière ces résultats probants, il s’avère que des actions supplémentaires sont nécessaires pour maîtriser la fécondité au plan national.

En effet, la majeure partie des utilisatrices de services de planification familiale font recours aux méthodes modernes de courte durée. Les données font ressortir que 2/3 des méthodes utilisées sont de courte durée. Ces méthodes sont de surcroît utilisées surtout pour espacer les naissances.

Suivre de près les engagements pris…

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La situation présage une tendance peu favorable à la capture du dividende démographique, selon les experts. L’environnement juridique est pourtant favorable à la planification familiale au Burkina. Mais, une chose est de voter des lois, et une autre est de les mettre en application. Champion en ratification de textes internationaux, le pays se doit de rectifier le tir pendant qu’il est temps.

Ce nouvel élan ne saurait atteindre ses objectifs escomptés si tous les jeunes ne sont pas pris en compte. Un leadership des jeunes doit être développé pour guider l’action gouvernementale. En un mot, les engagements en droits sexuels et santé de la reproduction des adolescents et des jeunes (DSSRAJ) risquent de ne pas être respectés si les réalités de tous les jeunes ne sont pas prises en compte dans l’opérationnalisation.

La problématique fait partie d’une série de questionnements débattus de long en large lors d’un atelier d’incubation de projet organisé du 21 au 24 mai 2018 à Koudougou. La session d’échanges a réuni une trentaine d’acteurs issus d’Organisations de la société civile, d’Organisations gouvernementales et non gouvernementales, de l’Assemblée nationale, des médias, des réseaux de jeunes.

L’atelier vise à repositionner la société civile notamment sa frange jeune au niveau des pays du Partenariat de Ouagadougou. Cette approche pilote de l’OOAS couvre le Burkina Faso, le Mali et le Niger.

Selon Ousmane Ouédraogo, Coordonnateur du Conseil burkinabè des organisations de développement communautaire (BURCASO),

« l’approche consiste à remettre la société civile dans son rôle de veille et de suivi des engagements pris par les Etats ».

 

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Le projet « Burkinbi Wili » mettra le focus sur les adolescents et les jeunes…

Il s’agit concrètement de voir comment la société civile peut mieux se structurer pour assurer la veille par rapport à ces engagements à travers un mécanisme de mobilisation politique et sociale. L’atelier d’incubation a accouché d’un projet dénommé « Burkinbi Wili » (Ndlr, du Mooré et du Dioula : La jeunesse burkinabè en marche). L’OOAS mettra en œuvre le programme avec l’assistance technique d’Equilibres et Populations, de concert avec les consortia retenus.

Le financement du projet sera assuré par l’Agence française de développement (AFD). Ont pris part aux échanges participatifs dans la « Cité du Cavalier rouge », les membres du consortium (BURCASO, RAJS, GASCODE, Fondation RAMA), Equilibres et Populations, URCB, ABBEF, les ministères de la santé, de la famille et de la jeunesse, le réseau des jeunes ambassadeurs pour la planification familiale, l’Association des journalistes AJC/PD, l’AFD, Women-Deliver, l’initiative All-IN.

Le projet « Burkinbi Wili » nouvellement conçu vise à créer un environnement national favorable à la réalisation des DSSR où les réalités de tous les jeunes sont prises en compte. Sa mission est de contribuer au développement du leadership des jeunes pour guider l’action gouvernementale sur les DSSRAJ. La rencontre s’est poursuivie le 25 mai à Ouagadougou entre membres du consortium national. Elle a été dédiée essentiellement à la planification des prochaines étapes du projet.

Noufou KINDO

Publié le 26-05-2018 dans le Burkina 24