Près de 750 cas de fistule obstétricale enregistrés chaque année au Niger

Le Niger enregistre chaque année près de 750 nouveaux cas de fistule génitale féminine, a déclaré mercredi à Niamey le Ministre nigérien de la Santé publique, Dr Illiassou Idi Maïnassara, à l’occasion de la Journée internationale de lutte contre la fistule obstétricale.

Selon le Ministre de la Santé, intervenant mercredi soir sur la télévision nationale,

“au Niger, à la date d’aujourd’hui, nous avons 15.000 femmes qui souffrent de cette maladie, et pratiquement entre 500 à 750 cas surviennent chaque année”.

Plus de 2 millions de femmes et de jeunes filles en sont affectées dans les pays en développement, et 50.000 à 100.000 nouveaux cas de fistule sont enregistrés chaque année au niveau mondial.

La fistule obstétricale féminine est un fléau qui touche souvent les jeunes filles mariées trop jeunes, particulièrement avant l’âge de 16 ans.

La maladie est causée, entre autres, par un travail d’accouchement très long et difficile, des mariages précoces, des accouchements précoces, un non suivi de la grossesse ou des accouchements à domicile.

Les conséquences sont notamment, sur le plan social, la stigmatisation, le rejet familial et par la société. De plus, a précisé le Ministre Maïnassara, les problèmes d’incontinence qui en résultent conduisent généralement à une dépression.

Cette situation a amené le gouvernement à prendre des dispositions, dont le lancement du projet “SWEED” qui vise à autonomiser les femmes, à maintenir les plus jeunes à l’école et à créer les conditions pour faciliter les consultations prénatales en vue de prévenir cette maladie.

Parallèlement, des actions sont menées par certaines fondations pour la prise en charge des soins et l’alimentation des patientes. La prise en charge est gratuite et commence par la prévention, notamment via les consultations prénatales, la planification familiale, le maintien de la jeune fille à l’école jusqu’à l’âge de 16 ans pour réduire la survenue de mariages précoces et de grossesses précoces, ainsi que la sensibilisation intense de la population sur les mesures de prévention.

S’agissant de la prise en charge chirurgicale, selon Illiassou Maïnassar,

“avec la construction d’un Centre national de Référence des Fistules obstétricales depuis 2008 dans la capitale, et la mise en place de onze centres régionaux de prise en charge, ainsi que la gratuité des prestations liées aux césariennes, grâce au financement du budget national et avec l’appui des partenaires technique, un pas significatif a été fait”.

A cela s’ajoute la prise en charge psychologique, comprenant notamment la réinsertion, également assurée par l’Etat avec l’aide de certaines fondations.

Publié le 24-05-2018 dans iciniger