Politiques de santé : Le Sénégal engagé à promouvoir et institutionnaliser la santé communautaire

Le ministère de la Santé et de l’Action sociale s’est engagé à poursuivre les efforts pour promouvoir davantage la santé communautaire afin de mieux atteindre la population à la base avec les politiques de santé.

Représentant le ministre Abdoulaye Diouf Sarr au premier forum de l’Afrique de l’Ouest sur la santé communautaire, le secrétaire général du département de la Santé a réitéré « l’engagement du gouvernement et du ministère de la Santé et de l’Action sociale à poursuivre les efforts pour davantage promouvoir la santé communautaire. Ce, à travers des communautés plus fortes et plus engagées ». Alassane Mbengue a rappelé que le Sénégal a très tôt opté pour un système de santé qui intègre la participation communautaire en vue de répondre, de manière efficace, aux nombreux défis. «L’avènement de l’épidémie du Vih/Sida a fini de placer l’approche communautaire au cœur des réponses aux défis. La lutte contre le paludisme et la tuberculose ainsi que les programmes de nutrition ont intégré une dimension communautaire ayant permis de mettre à l’échelle des interventions dont les résultats sont, aujourd’hui, reconnus et partagés. Plus récemment, les programmes de santé maternelle et infantile ont connu des avancées majeures avec cette approche, notamment dans le domaine de la planification familiale et de la lutte contre la mortalité maternelle et infantile», a affirmé le secrétaire général du ministère de la Santé.

Pour Alassane Mbengue, des programmes innovants comme la Couverture maladie universelle (Cmu), basée sur l’engagement des collectivités territoriales pour l’installation de mutuelles de santé, sont un prolongement significatif de cette approche communautaire. En outre, « l’érection d’une Cellule de coordination de la santé communautaire au sein de la Direction générale de la santé marque la volonté d’aller vers l’institutionnalisation de la santé communautaire».

Donner à l’acteur communautaire toute sa place

Dans ce même élan, il a indiqué que l’ouverture de la filière Santé communautaire dans les programmes d’enseignement supérieur des universités, telles que Alioune Diop de Bambey, ainsi que l’intégration en vue des diplômés dans la fonction publique sont à saluer.

M. Mbengue a toutefois demandé de relever les défis, car des avancées significatives ont été obtenues. Mais, a-t-il dit,

«Ensemble, nous avons la capacité d’aller plus loin. Aller plus loin, c’est véritablement réussir les processus d’institutionnalisation dans nos différents pays. C’est surtout donner à l’acteur communautaire toute sa place et créer les conditions favorables en vue de lui permettre de jouer pleinement son rôle. Le département compte sur la participation de tous acteurs pour réussir cette mission»

s’est projeté le Sg du ministère de la Santé.

Ce forum qui a regroupé tous les pays de la Cedeao, en plus de la France, de la République démocratique du Congo (Rdc) et de l’Ethiopie, a été une occasion de valoriser l’approche communautaire basée sur la  participation et la «multisectorialité» et l’échange d’expériences.

Le représentant du Burkina Faso, Albert Hiene, parlant au nom des pays invités, a remercié le Sénégal d’avoir abrité ce premier forum du genre pour permettre de réfléchir sur l’institutionnalisation de la santé communautaire qui est devenue une priorité en Afrique. Même avis chez le représentant de l’Oms, Farba Lamine Sall, qui a pensé que, compte tenu des difficultés de couverture en soins en Afrique subsaharienne, la santé communautaire est une opportunité.

Oumar KANDE

Publié le 04-03-2018 dans lesoleil.sn