Planification familiale : Le Burkina Faso connait un fléchissement de la prévalence contraceptive moderne

Par Visioconférence, l’Institut Supérieur des Sciences de la Population (ISSP) a initié le vendredi 24 juillet 2020, un atelier virtuel consacré à la dissémination des résultats de l’enquête de la deuxième phase de la plateforme de recherche PMA. Cette plateforme a été conçue pour faciliter le suivi des progrès en santé de la reproduction, en général, et des indicateurs de planification familiale, en particulier, dans les pays prioritaires en Afrique et en Asie. La cérémonie a été présidée par le secrétaire général du ministère de la santé, Dr Wilfried Ouédraogo et ce, en présence du Directeur de l’ISSP, Dr Abdramane Soura.

Les questions de santé, surtout celles en lien avec les femmes, les adolescentes et les enfants constituent un indicateur important de développement d’un pays. Afin de prendre ces questions en compte dans leurs politiques de développement, les décideurs et leurs partenaires devraient disposer de données de qualité et régulièrement mises à jours.

A travers le projet Performance Monitoring for Action (PMA), l’ISSP et Jhpiego entendent accompagner le ministère de la santé du Burkina Faso à disposer de cet important outil d’aide à la prise de décisions. Cette nouvelle phase de la plateforme de recherche dénommée « Performance Monitoring and Accountability, PMA2020 » se traduit par des innovations majeures telles que le suivi longitudinal des femmes sur trois ans afin de mieux comprendre la dynamique contraceptive, l’intégration d’un module spécifique sur les adolescentes et sur l’autonomisation des femmes, entre autres.

Les participants prêtent une oreille attentive aux travaux

La collecte des données de l’enquête de base de cette deuxième phase a eu lieu de décembre 2019 à février 2020 sur toute l’étendue du territoire nationale et a concerné un échantillon de 5 695 ménages, 6 590 femmes âgées de 15-49 ans, 234 sites de prestations de santé, et 938 clientes de services de PF.

Afin de permettre aux différents acteurs de la SR/PF de s’approprier les résultats de cette enquête, l’ISSP a organisé un atelier national de dissémination par le biais de la plateforme Zoom et de Facebook live, au regard de la situation sanitaire marquée par la COVID-19. Environ 200 personnes étaient connectées à travers les cinq continents. Selon le coordonnateur de la plateforme de recherche PMA, Dr Gorges Guiella, l’enquête a montré que le taux de prévalence contraceptive moderne au niveau national est de 28%.

La première phase du projet s’étalait de 2014 à 2018

« Ça veut dire que si vous prenez 100 femmes au Burkina Faso, il y en a 28 qui utilisent une méthode moderne. Mais avec ce que nous avons comme cet indicateur de taux de prévalence, il faut dire que les besoins c’est autour de 48% de femmes qui aimeraient être en mesure d’utiliser une méthode moderne. Donc, la demande n’est pas satisfaite contrairement à ce que beaucoup de gens pensent », a-t-il souligné.

Outre la baisse du taux de prévalence contraceptive moderne (28% en 2020 contre 30,7 en janvier 2019), une femme sur quatre aurait souhaité que la grossesse qu’elle portait au moment de l’enquête ait été différé c’est-à-dire qu’elle ne voulait pas cette grossesse au moment où elle l’avait. Face à cette situation, la prochaine étape c’est de mettre en œuvre des actions pour satisfaire celles qui veulent opter pour une méthode contraceptive. Des résultats de l’enquête, il ressort également que près de la moitié (47%) des adolescentes pensent que les jeunes filles qui utilisent la PF ont des mœurs légères. Ceci n’est qu’un pan des résultats de l’enquête.

Des défis restent à relever pur améliorer les indicateurs en matière de PF, selon Dr Guiella

S’exprimant auparavant, le Secrétaire Général (SG) du ministère de la santé, Dr Wilfried Ouédraogo a salué l’initiative de ce matin qui est « l’occasion de pouvoir partager les résultats d’une enquête afin de pouvoir accompagner le suivi des interventions sur le terrain. Parce que nous avons régulièrement des données de routine qui remontent par le système de santé mais aussi de façon périodique, il y a les enquêtes qui sont menées. Mais cette régularité n’est pas souvent respectée ». La plateforme PMA qui a fait une photographie de la PF sur une période donnée, accompagne ce processus.

Les résultats de l’enquête est un plus pour le ministère de la santé

Spécifiquement, cela permettra aux différents acteurs de pouvoir s’occuper de la question de la PF, de connaitre l’évolution réelle des statistiques sur le terrain, d’identifier les goulots d’étranglement qui restent à relever en vue d’atteindre l’objectif du Plan national d’accélération de la PF qui est d’arriver à un taux de prévalence contraceptive moderne de 32% en fin 2020.
Pour rappel, la deuxième phase de la plateforme PMA a bénéficié d’un financement de la Fondation Bill & Melinda Gates.

Aïssata Laure G. Sidibé
Publié le 24-07-2020 dans Lefaso.net