Mauritanie : Une corrélation directe entre PF et mortalité maternelle


La mortalité maternelle est à 582 pour 100.000 Naissances Vivantes (NV), ce qui n’est pas très loin des autres pays membres de l’initiative régionale +Autonomisation des femmes et dividende démographique au Sahel+ (SWEDD- Sahel Women’s Empowerment and Demographic Dividend en anglais)’’, a-t-il dit dans un entretien avec l’APS.

A l’en croire, la planification familiale, qui reste faible, est passée de 11% en 2013 à 17,9% en 2015, du fait de sa corrélation avec la mortalité maternelle.

Lorsque la prévalence contraceptive augmente, naturellement la mortalité maternelle est influencée entre 25 et 30 points, en plus des autres aspects tels que les accouchements assistés, les césariennes et tout ce qui touche à l’accouchement et même avant accouchement, a expliqué Kaboré.
Selon lui, c’est ce qui explique le fait que le SWEDD s’attaque à des domaines qui sont liés au mandant de l’UNFPA. Un mandat qui, d’après lui, s’articule autour de la réduction de la mortalité maternelle, et consiste à faire en sorte qu’il n’y ait plus de besoins non satisfaits en planification familiale et mettre fin aux Violences Basées sur le Genre (VBG).
‘’Les violences basées sur le genre en Mauritanie sont estimées à 68,1%, et 66,6% des femmes sont victimes de mutilations génitales féminines’’, a regretté le fonctionnaire des Nations unies. Il a signalé que les mariages d’enfants restent aussi très élevés et sont de l’ordre de 35,2%.
Le projet SWEDD œuvre fortement dans le plaidoyer, et il existe un observatoire sur le dividende démographique qui fait partie des résultats clés. Il souligne que plus de 200 acteurs et techniciens sont formés autour de cette problématique.
Le gouvernement mauritanien, à la suite des différentes actions menées à travers le SWEDD, a décidé de développer une politique de population en mettant l’accent sur comment on peut tirer profit du dividende démographique, a confié Saidou Kaboré.

Le SWEDD, piloté par l’UNFPA, est une réponse conjointe des Nations unies et du Groupe de la Banque mondiale, à l’appel lancé par les présidents de six pays du Sahel (Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad).

L’objectif du SWEDD est d’accélérer la transition démographique, mais aussi de déclencher le dividende démographique et réduire les inégalités de genre dans la région du Sahel.

M. Kaboré prenait part au Change management meeting organisé par le bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre de l’UNFPA. Une formation qui s’est tenue concomitamment à une retraite régionale en communication et plaidoyer destinée aux managers séniors des 25 bureaux de la région.

Publié le 02-09-2018 dans Aps