Mabingué Ngom, Directeur Régional de l’UNFPA « Travailler avec le Partenariat de Ouagadougou pour accélérer la capture du Dividende Démographique »

Mabingué Ngom, Directeur Régional de l’UNFPA

Mabingué Ngom, Directeur régional UNFPA pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre salue les bonnes relations qui existent entre son organisation et le Partenariat de Ouagadougou et souhaite qu’ils travaillent ensemble pour accélérer la capture du dividende démographique. Entretien.

Quelle signification donnez-vous à cette 6ème RA du PO qui a pour thème « l’autonomisation des femmes et révolution contraceptive »?

C’est un élément important pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre surtout en cette année 2017 où l’on fait la promotion de la capture du dividende démographique à travers des investissements dans la jeunesse à l’UA. Premièrement, l’autonomisation des femmes et la révolution contraceptive sont au cœur de la capture du dividende démographique. On ne peut pas penser à une capture du dividende démographique sans penser à une accélération de la transition démographique.

La deuxième choseest que les femmes représentant 50% de la population.Les pertes de productivité, les pertes d’opportunités dans les sociétés où la femme n’est pas toujours très bien traitée sont énormes (mariages précoces, taux de mortalité élevé, taux de fécondité). La capture du dividende démographique ne peut être une réalité qu’à travers  qu’une révolution contraceptive mais également à travers un rôle  beaucoup plus militant que nous dévons accorder à la femme.

Comment l’UNFPA et le Partenariat de Ouagadougou (PO) travaillent-ils ensemble pour des programmes de PF plus efficaces d’Afrique de l’Ouest?

C’est une relation très bonne. Nous travaillons en symbiose et nous essayons  d’accompagner les 9 pays du PO qui ont un besoin différent. C’est vrai que cela donne l’impression d’une entité homogène, mais dans chaque pays il y a des défis. Il ya également un potentiel extraordinaire sur lequel nous voulons travailler et accélérer la capture du dividende démographique. S’il y a un chantier où il y a une convergence nationale, c’est vraiment la nécessité d’aller vers une révolution contraceptive.

De quelles manières les programmes de PF peuvent-ils aider à capturer le dividende démographique ?

Il y a deux choses à faire : La méthode et les moyens. La méthode parce qu’il y a une myriade d’interventions dont un sous ensemble d’interventions concluantes.

Ces interventions concluantes ne sont pas toutes susceptibles de passage à l’échelle. On peut avoir une très bonne intervention mais visiblement il ne peut pas passer à l’échelle. La transformation que nous voulons voir sur le terrain passe absolument par la création d’une masse critique d’effets qui va créer l’impact souhaité au sein des populations.

Cela demande l’identification de ses expériences concluantes qui peuvent passer à l’échelle. C’est l’exemple du projet « SWEDD », l’autonomisation des femmes et la capture du dividende démographique que nous percevons dans six pays: le Burkina, la Côte d’Ivoire, le Niger, le Tchad  la Mauritanie…

La deuxième chose ce sont les moyens. Parce que le passage à l’échelle est une question de moyens. Ce projet SWEDD qui est un partenariat avec la Banque Mondiale est une excellente initiative de 210 millions de dollars. Si on les concentre dans un village du nord du Niger, on observera peu de changements.

Donc, nous voulons voir les transformations qui vont changer un peu les visages de l’Afrique et faire en sorte que l’Afrique de 2020 ou de 2030 soit une Afrique présente sur la place internationale. Il faut des moyens qui ne sont pas toujours à la disposition des pays en développement.

Isabelle SOMIAN