Le rôle de la société civile dans la promotion de la santé de la reproduction avec Dr Serge Kitihoun

Le président en exercice de la plateforme des OSC/PF du Bénin, Dr Serge KITIHOUN, revient dans l’interview ci-après sur le rôle de la société civile dans la promotion de la santé de la reproduction ; il commence par montrer l’importance du PO.

« A mon sens, le PO est créé pour non seulement l’entraide entre les pays de cette plateforme, mais également une certaine émulation entre eux. Il doit y avoir un partage de bonnes pratiques. Ce sont les trois éléments que je mets dans ce partenariat.

Le PO a permis de mettre en place dans tous les pays membres, un bureau pour les organisations de la société civile. Les gouvernements l’ont suffisamment bien compris que sans la société civile, on ne peut pas avancer, qu’il ne peut pas y avoir de développement. Les gouvernements doivent tendre la main à la société civile pour qu’ensemble, on règle les questions de la santé. On a beaucoup avancé avec le Partenariat de Ouagadougou mais, les réalisations restent en deçà des espérances. La  société civile est prise en compte. Il reste à travailler pour consolider les acquis et le rôle important qui est le sien dans le développement ».

Que vous inspire l’après 2020 ?

Cela m’inspire plus d’efforts dans le travail. Nous devons agir très vite et surtout de façon concertée. Nous devons initier des actions plus intelligentes qui soient porteuses de résultats. Il ne s’agit pas de mobiliser des ressources sans avoir des stratégies efficaces pour l’atteinte des résultats. Au Bénin nous avons l’indice synthétique de fécondité le plus élevé parmi les pays du PO avec un taux de prévalence contraceptive qui est des plus faibles, d’environ 12%. Ça veut dire que nous travaillons peu. L’Etat et la société civile doivent travailler de concert pour améliorer les résultats. J’invite la société civile à prendre ses responsabilités en vue d’aider le gouvernement. Si on prend le devant des choses, le gouvernement nous emboitera le pas.

Quel avenir  pour la société civile dans la promotion de la PF ?

On doit avoir de l’audace au niveau de notre bureau pour partager avec le gouvernement des initiatives qui cadrent avec son programme d’action. Notre rêve, c’est de  jouer le premier rôle de façon à ce que le gouvernement, lui-même, en arrive à la conclusion qu’il est temps de confier la santé de la reproduction, en particulier la planification familiale, à la société civile. Et le gouvernement pourra juste le monopole de contrôleur dans ce domaine. Je rêve de voir notre pyramide contraceptive aller à 30 voire 50% d’ici à dix ans et que la contraception soit accessible à tout le monde, surtout aux jeunes.

Flore Nobime et  Isabelle Otchoumaré