Journée Mondiale de la Population : La santé des femmes et des filles au cœur de la 30e édition (Déclaration du ministre de l’économie)

« Ralentir la propagation de la COVID 19 : comment protéger la santé et les droits des femmes et des filles à l’heure actuelle », c’est sous ce thème que le Burkina Faso, à l’instar des autres pays a célébré le 11 juillet 2020, la 30e Journée mondiale la population. La maladie à coronavirus a affecté le système sanitaire notamment l’accès des femmes et des filles aux services de santé sexuelle et reproductive. « Cela pourrait entrainer une augmentation des décès maternels et infantiles, des grossesses non désirées ainsi que des fistules obstétricales », a indiqué le ministre de l’économie, des finances et du développement, Lassané Kaboré, dans une déclaration que nous vous proposons.

DECLARATION DE MONSIEUR LE MINISTRE DE L’ECONOMIE, DES FINANCES ET DU DEVELOPPEMENT A L’OCCASION DE LA JOURNEE MONDIALE DE LA POPULATION (JMP) 2020

Le Burkina Faso, à l’instar des autres pays du monde, célèbre chaque 11 juillet, la Journée Mondiale de la Population (JMP). Au-delà d’une tradition qui se perpétue, la JMP rappelle à tous, l’impérieuse nécessité de faire des questions de population une priorité absolue, en vue d’accélérer le développement durable.

Le thème combien évocateur de cette 30è Journée mondiale de la population, à savoir : « ralentir la propagation de la COVID 19 : comment protéger la santé et les droits des femmes et des filles à l’heure actuelle », rappelle l’extrême fragilité dans laquelle cette pandémie a plongé la quasi-totalité des pays de la Planète et l’urgence de penser à des solutions structurelles pour venir à bout de cette menace et atténuer son impact sur les populations à travers le monde.

Toute en affectant de manière considérable la santé des populations, en particulier celle des femmes et des filles, la COVID-19 avec un rythme de progression fulgurante et les différentes mesures prises par les Etats pour y faire face ont eu des répercussions néfastes sur tous les secteurs d’activités. L’économie mondiale connaitra en 2020 une récession de 4,9% soit la plus grande récession depuis des décennies qui va entrainer une diminution du revenu par habitant dans les pays en développement (FMI, juin 2020). Au Burkina Faso, les effets de la COVID-19 sur l’activité économique vont entrainer une réduction de la croissance économique de 3,2 points de pourcentage qui se situerait à 2,8% contre 6,0% en scénario tendanciel (MINEFID, mai 2020).

Les effets socioéconomiques de la pandémie sur les populations sont énormes et différenciés. En plus du lourd bilan humain, le caractère informel de l’économie et le manque de filets de protection sociale risquent de faire basculer plusieurs personnes dans la pauvreté. Selon les données du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) en 2020, environ 60% des femmes qui travaillent dans le secteur informel risquent de sombrer dans la pauvreté. En outre, la COVID-19 a éprouvé les systèmes de santé des pays et a fortement perturbé les chaînes d’approvisionnement du monde entier ; ce qui affecte la disponibilité des produits de santé de la reproduction.

Cette situation aggrave l’accès des femmes et des filles aux Services de Santé Sexuelle et Reproductive et pourrait entrainer une augmentation des décès maternels et infantiles, des grossesses non désirées ainsi que des fistules obstétricales. En effet, si le blocage se poursuivait pendant 6 mois avec l’ébranlement des services de santé, 47 millions de femmes dans les pays à revenu faible ou intermédiaire pourraient ne pas être en mesure d’accéder à des contraceptifs modernes. Ce qui entraînerait 7 millions de grossesses non désirées et 31 millions de cas supplémentaires de violences sexistes (UNFPA, 2020).

Cette pandémie est survenue un trimestre après que la communauté internationale s’est réunie en novembre 2019 à Nairobi pour saluer les progrès accomplis en faveur de la santé et des droits des femmes et des filles au cours des 25 dernières années de mise en œuvre du Programme d’actions de la Conférence Internationale sur la Population et le Développement (CIPD+25). A cette occasion, tous les acteurs du développement se sont engagés à accélérer les efforts en vue de garantir le respect de la santé et des droits en matière de sexualité et de reproduction pour tous. Cette crise peut mettre à rude épreuve la mise en œuvre des engagements de la CIPD+25.

En effet, l’intervention d’urgence sur la pandémie de la COVID-19 signifierait également un effet d’éviction des ressources des services de santé sexuelle et reproductive au profit de certaines priorités notamment l’atténuation des coûts humains ainsi que les pertes économiques à court terme. Nous devons toutefois accélérer nos efforts si nous voulons atteindre nos trois objectifs transformateurs d’ici à 2030 à savoir les trois (3) zéro :

zéro décès maternel évitable ;

zéro besoin non satisfait en planification familiale ;
zéro violence basée sur le genre.

Cet impératif a guidé le Président du Faso, son Excellence Monsieur Rock Marc Christian KABORE, lors de son adresse le 2 avril 2020, à annoncer un ensemble de mesures d’un coût total de 394 milliards de FCFA y compris le plan de riposte sanitaire, représentant 4,45% de notre Produit Intérieur Brut (PIB). La mise en œuvre de ces mesures d’ordre sanitaire, social et économique a permis d’assouplir les effets et contenir la propagation du virus, en témoigne la baisse tendancielle du nombre de nouveaux cas confirmés.

En outre, conscient de l’importance de la planification familiale dans la santé maternelle et infantile, le Gouvernement burkinabè a décidé en Conseil des Ministres du 3 juin 2020, le passage à l’échelle nationale de la gratuité des services de planification familiale. Ces mesures viennent une fois de plus témoigner de l’engagement et de la volonté politique de faire de la santé et la protection des droits des femmes une priorité.

Je voudrais en cette journée solennelle, m’incliner, au nom du Gouvernement, sur la mémoire des disparus et présenter mes sincères condoléances aux familles qui ont perdu un être cher au cours de cette crise sanitaire, la plus grave que le monde ait connue ces cent dernières années.

Je salue également le courage et l’abnégation du personnel de santé particulièrement les femmes et les filles qui représentent 70% des travailleurs de la santé et des services sociaux à travers le monde et qui sont généralement au premier plan de la lutte contre la COVID-19 avec tout le risque sanitaire y afférent. J’exprime également la reconnaissance du Gouvernement à tous ceux qui ont apporté une contribution de quelque nature que ce soit, dans le cadre de la lutte contre cette pandémie.

Aussi, je formule le vœu que les actions et les réflexions menées dans la commémoration de cette JMP puissent contribuer à consolider les sillons déjà tracés dans le cadre de la lutte contre la COVID-19, pour l’atteinte de nos objectifs en matière de maîtrise de la croissance démographique et de l’amélioration de la qualité de vie des populations.

Bonne célébration du 11 juillet 2020 dans le respect des mesures barrières !

Lassané KABORE
Officier de l’Ordre de l’Etalon

Publié le 14-07-2020 dans lefaso