GUINÉE : Le comité des droits de l’enfant dénonce la hausse des mutilations génitales féminines

Le Comité des droits de l’enfant s’est dit vivement préoccupé par la prévalence toujours élevée et l’augmentation signalée des mutilations génitales féminines et le nombre élevé de mariages précoces en Guinée. 

Au cours d’une conférence de presse, ce jeudi à Genève, la Présidente du Comité des droits de l’enfant a ainsi appelé les autorités guinéennes à prendre des mesures actives pour mettre fin aux mutilations génitales féminines et au mariage d’enfants.

Mme Renate Winter appelle aussi Conakry à renforcer de manière substantielle les programmes de sensibilisation pour lutter contre les divers effets de « ces pratiques néfastes ». Il s’agit notamment de renforcer les mesures de lutte contre la médicalisation des mutilations génitales féminines.

« Plus de 60% des femmes sont mutilées et cela continue. Et cela continue aussi pour les filles très jeunes »,  a expliqué Renate Winter au micro d’ONU Info.

Le Comité des droits de l’enfant est composé de 18 experts indépendants chargés de surveiller la mise en œuvre de la Convention relative aux droits de l’enfant par ses États parties.

Tout en se félicitant de l’interdiction du mariage forcé et du mariage des enfants, notamment dans les articles 319 et 320 du Code pénal guinéen (2016), le Comité exhorte la Guinée à modifier rapidement sa législation afin de supprimer toutes les exceptions autorisant le mariage des enfants de moins de 18 ans, pour mieux assurer le bien-être de l’enfant et conformément à la convention et à la charte africaine des droits.

« Plus de la moitié des filles sont mariées avant l’âge de 18 ans et une grande partie avant l’âge de 14 ans… il faut peut être changer ces cultures », a expliqué Renate Winter.

Travail des enfants dans les mines

Par ailleurs, les experts onusiens se sont inquiétés de l’absence de réglementations claires et d’un mécanisme fonctionnel spécifique permettant de surveiller les activités des sociétés minières, y compris des sociétés internationales et des exploitants de mines illégales, susceptibles d’avoir des conséquences négatives sur les droits des enfants.

« Ils travaillent trop dur, ils travaillent trop longtemps, ils travaillent trop jeunes, ils n’ont pas de possibilités d’aller à l’école, ils n’ont pas la possibilité d’apprendre autres choses, un métier ou rien du tout », a expliqué Renate Winter.

Le Comité recommande à l’État partie de prendre toutes les mesures nécessaires pour retirer rapidement les enfants de tous âges de ces situations dangereuses du travail. L’objectif est de les réintégrer à l’école et veiller à ce que les exploitants de mines qui sont responsables de cette exploitation soient rapidement traduits en justice, avec des sanctions appropriées.

Publié le 07-04-2019 dans page afrik