Droits sexuels et reproductifs au Burkina : des acteurs communautaires s’outillent à Ouaga

Le district sanitaire de Bogodogo et ses partenaires, notamment l’ONIDS et Amplify Change, organisent du 18 au 20 février 2020 à Ouagadougou un atelier de formation sur les droits sexuels et reproductifs à l’endroit des acteurs communautaires.

« Réduire dans nos communautés les décès liés aux grossesses non désirées et aux avortements clandestins ». C’est l’objectif recherché par les organisateurs de cette formation de trois jours.

Selon le représentant du Médecin-Chef du district sanitaire de Bogodogo, Isidore Ouango, la tenue de cet atelier s’explique par le fait que les grossesses non désirées avec tous ses corollaires d’avortements clandestins sont toujours d’actualité au Burkina Faso.

« C’est dans ce cadre que le district sanitaire de Bogodogo et ses partenaires l’ONIDS et Amplify Change ont décidé d’organiser cette session de formation qui a pour objectif d’outiller l’ensemble des acteurs notamment le monde communautaire et les points focaux au niveau des formations sanitaires pour qu’ils puissent sensibiliser davantage les populations à la base pour réduire le fléau », a indiqué Isidore Ouango.

Outiller les acteurs sur les fondements juridiques en santé sexuelle et reproductive (SSR)

Il a fait savoir qu’au niveau du district sanitaire de Bogodogo, plusieurs actions sont menées dans le but de réduire considérablement le phénomène. Il a également confié que des activités de sensibilisation sont réalisées tant au niveau périphérique qu’au niveau du district.  « Il y a des sorties au niveau des établissements scolaires pour sensibiliser les élèves sur le phénomène ; car on a constaté que la plupart de ces maux concernent beaucoup le milieu scolaire », a-t-il expliqué.

La facilitatrice de la formation, la magistrate Antoinette Kanzié, a soutenu qu’il est plus que nécessaire d’outiller les différents acteurs sur les instruments juridiques ; car ces derniers sont chargés de la mise en œuvre des droits en SSR.

« Pour pouvoir mettre en œuvre les droits, il faut quand même connaître ces droits, leur fondement et d’où est ce qu’ils proviennent », a-t-elle dit.

Et de poursuivre qu’il sera question donc d’outiller les acteurs sur les fondements juridiques en la matière.

Réduire les décès liés aux grossesses non désirées et aux avortements clandestins
L
es participants, à en croire Antoinette Kanzié, seront formés sur les instruments juridiques internationaux, régionaux et nationaux. Selon elle, la persistance du phénomène des grossesses non désirées et des avortements à risques s’explique en partie par la méconnaissance des droits.

« Les gens n’ont pas accès aux droits ou ils n’ont pas connaissance de ces droits. Certains, bien qu’ils en aient connaissance, ils n’ont pas la possibilité de les exercer. Il appartient aux acteurs communautaires de les aider lorsqu’ils se retrouvent en situation de difficulté », a-t-elle clarifié.

Pour elle, parler de la connaissance des droits, c’est parler également des méthodes de contraception, des droits que les gens ont en matière de planification familiale. Toute chose qui, selon elle, peut contribuer à la réduction des décès liés aux grossesses non désirées et aux avortements clandestins.

Noufou KINDO
Publié le 19-02-2020 dans Burkina 24