Communauté islamique ahmadiyya : Un camp médical pour la promotion de la santé des populations

Dépistage et sensibilisation sur des problèmes majeurs de santé publique, comme l’hypertension artérielle, le diabète, les maladies rénales, mais aussi celles oculaires et gynécologiques. C’est autour de ces aspects que le Centre médical ahmadiyya, sis au quartier Somgandé (actuel arrondissement N°4 de Ouagadougou), a organisé son camp médical 2019 en faveur des populations. Cette cause communautaire, qui s’est déroulée les 23 et 24 août, a enregistré une forte affluence des populations.

Trois groupes d’activités ont été concernés. Il s’agit du dépistage des pathologies ophtalmologiques ; le dépistage du cancer du col de l’utérus et la planification familiale ; le dépistage des risques cardiovasculaires (diabète, hypertension). Ce camp médical s’inscrit dans un idéal de servir l’humanité, une des priorités de la Jama’at islamique Ahmadiyya.

Pour l’administrateur général du Centre médical ahmadiyya, Souleymane Kaboré, dans un pays où le coût des soins n’est pas toujours à la portée de tout le monde, il vaut mieux toujours prévenir. « Nous avons donc pensé bon d’organiser, chaque année, un camp médical qui permet de faire des dépistages, informer et sensibiliser les populations. (…). On ne s’arrête pas seulement aux dépistages, dans la mesure de nos possibilités, nous offrons des soins.

C’est ainsi que dans le cadre de ce camp, dans les jours à venir, 100 opérations de cataracte seront assurées », annonce M. Kaboré, par ailleurs vice-président de la communauté islamique ahmadiyya du Burkina. Pour le responsable du centre médical, avec la sédentarité et certaines habitudes alimentaires, on développe certaines maladies. Ce qui a un impact négatif sur les familles et, partant, sur la nation tout entière.

Un camp médical loué par le premier responsable du District sanitaire de Nongr-Maasom (actuel arrondissement N°4, d’où relève le centre), Dr Hamed Amadou Bouda, pour qui cette action va permettre d’améliorer la santé de la population. Il retient également que c’est une initiative pertinente qui répond aux vraies préoccupations des populations. Pour Dr Bouda, la prise en charge des questions de santé ne peut être laissée aux mains des seuls acteurs publics. D’où la portée de telles offres.

Dr Saud Nasir exhorte les populations aux dépistages des maladies générales (comme la tension et le diabète) afin de prévenir leurs complications qui sont très nombreuses. « Beaucoup de ces complications sont très fatales. L’hypertension artérielle qui peut atteindre le cerveau, les reins, le cœur, les yeux. Plus vite, ces maladies sont diagnostiquées et plus vite le traitement est instauré et on a plus de chances d’éviter les complications », recommande le spécialiste, Dr Saud.

Parlant de l’opération cataracte à venir, Dr Saud Nasir, invite tous ceux qui ont des soucis à ce niveau à ne pas hésiter à entrer en contact avec l’équipe (centre médical). Selon ses explications, la cataracte est la première cause de cécité dans le monde, avec la majorité en Afrique. « C’est une maladie qu’on peut facilement guérir, en pratiquant une chirurgie relativement accessible, mais qui, malheureusement, n’est pas à la portée de beaucoup de gens », explique-t-il.

Le chef missionnaire de la Jama’at islamique Ahmadiyya au Burkina, Amir Mahmood Nasir Saqib, encourage les responsables du centre médical à maintenir le cap, afin de soulager les populations à travers ce genre d’initiatives.

« La religion nous enseigne le vivre-ensemble. La religion est venue pour installer la paix, la solidarité entre les hommes », rappelle Amir Mahmood Nasir Saqib, déplorant du coup que des individus ne comprennent pas cela. Il est ensuite revenu sur le bien-fondé du camp médical (qui se tient annuellement). « C’est très important pour chacun de savoir quel comportement alimentaire avoir, quelles attitudes tenir pour pouvoir préserver sa santé. Si on est informé de certaines choses, on peut éviter beaucoup de maladies », a-t-il lancé.

Pour Père Joseph Clochard, un des amis de la communauté islamique ahamadiyya, cet acte est très louable, car si l’être humain n’est pas en bonne santé, il ne peut pas louer le Seigneur. « Alors, merci pour ce que fait la communauté Ahmadiyya », a exprimé l’aumônier national des couples islamo-chrétiens et inter-ethniques, Père Joseph Clochard. Il souhaite que ce genre d’initiatives se multiplie pour plus de convivialité.

Ce camp a bénéficié de l’accompagnement de l’association des étudiants en médecine de l’Université de Ouagadougou. « Ce n’est pas la première fois que nous répondons à l’appel du Centre médical ahmadiyya et cette année encore, c’est avec plaisir que nous avons décidé de venir apporter notre contribution à l’initiative », s’est confié Landry Ouédraogo, président de l’association, précisant qu’une trentaine d’étudiants en médecine ont été mobilisés pour cette cause communautaire.
En plus de l’association des étudiants en médecine de l’Université de Ouagadougou, le camp a eu l’appui de prestataires d’autres structures (médecins spécialistes), Humanity first, Voix de femmes (pour la planification familiale).

Venus pour l’occasion, des interlocuteurs expliquent être « très satisfaits ». « Ils sont très accueillants et très rigoureux dans leur travail. Je suis vraiment très satisfaite et je prie Dieu qu’il leur donne la force d’assister les populations », confie une interlocutrice.

« Je n’étais pas informé qu’il y avait des consultations et traitements gratuits. C’est par hasard même que je suis tombé là-dessus ce matin, parce que je suis un habitué des lieux. Depuis que j’ai découvert le centre, à chaque fois qu’un membre de ma famille a des soucis de santé, c’est ici que je viens. Ils sont bien, je vous l’avoue », souffle un quadragénaire.

Publié le 25-08-2019 dans Lefaso