Cascades : Le « Kôsegi », une pratique à la peau dure

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Les pesanteurs socio-culturelles font obstruction au planning familial et à la contraception dans plusieurs localités de la région des Cascades. C’est le constat fait par la caravane de presse de la campagne de communication pour le changement social et comportemental  dans cette localité à l’ouest du Burkina.

Au cours de l’année scolaire 2016-2017, 61 filles étaient en situation de grossesse à l’école primaire dans la région des Cascades. 299 de leurs sœurs du secondaire ont également piqué des grossesses.

Cette situation est alarmante selon les acteurs de la région. C’est ainsi que Mariam BonKoungou/Sawadogo, la chargée de l’éducation des filles dans la région des Cascades dira sur un ton de colère : « nous sommes allés retirer des filles mineures au fond de chambre de certains adultes ».

Mais le phénomène n’est pas le simple fait des enfants et des parents. Certains enseignants se sont rendus coupables de ces comportements. D’où elle demande une prise de conscience et appelle le gouvernement à être regardant sur ces genres de comportements.

Car, poursuit-elle, « l’enseignant fautif a été affecté et personne ne sait où ». Il est donc impératif que l’Etat s’implique dans la formation continue des enseignants. Plusieurs initiatives sont développées par un certain nombre d’acteurs afin d’éradiquer ce phénomène dans la région et donner plus de chance aux jeunes filles.

De Banfora à Niankôrôdougou, village frontalier avec la Côte d’Ivoire,  en passant par Sindou, il y a une pratique traditionnelle ancienne qui est source de grossesse chez les jeunes filles. Il s’agit du « Kôsegi » (le retour) qui consiste à redonner une fille en mariage dans la famille maternelle.

Cette pratique, bien que détestée par les jeunes filles, reste la volonté de certains parents et c’est en voulant éviter ces genres de mariage que certaines filles se retrouvent face à  des grossesses non désirées, dira Emelie  Somda, la directrice par intérim de la promotion de la famille de la Léraba. Le taux de prévalence du planning familial reste faible dans ces zones à cause des pesanteurs socio-culturelles.

C’est le cas de Niankôrôdougou où le taux n’est que de 2% pour les jeunes filles de moins de 18 ans. Cette commune rurale connait un fort taux de mariages et de grossesses précoces, selon Blaise Sawadogo, le maïeuticien d’état de Niankôrôdougou.

Une triste situation que les Mères Educatrices ont du mal à vaincre. « Nous avons parlé, nous avons sensibilisé, nous ne savons plus que faire »,  s’est lamentée Massiata Traoré, la présidente de l’Association des Mères Educatrices AME de Niankôrôdougou.

Pour vaincre le mal, plusieurs actions doivent être menées par les autorités locales mais aussi par les parents.

Honoré KOUANGNY

Correspondance particulière

Burkina 24