Accès à la contraception: lutter contre les violences faites aux femmes

Femmes et filles

Malgré un certain progrès, les inégalités entre les sexes demeurent malheureusement présentes et importantes dans toutes les sociétés du monde. On assiste ainsi à un phénomène de féminisation de la pauvreté qui se traduit par le fait que les 2/3 de la population la plus pauvre sont des femmes. De plus, les femmes subissent des discriminations et voient systématiquement leurs droits bafoués, notamment, par un accès moindre au pouvoir, à des revenus, à des ressources, à l’éducation, à la santé et à la protection contre la violence. En Afrique de l’Ouest, ces inégalités sont particulièrement très marquées.

Les violences faites aux femmes en Afrique de l’Ouest

Dans la région de l’Afrique de l’Ouest, les violences faites aux femmes prennent différentes formes. Elles sont physiques, verbales, morales, psychologiques, sexuelles et économiques. Parallèlement à ces types de violences, on retrouve également les violences dites sociales qui sont très présentes dans la région de l’Afrique de l’Ouest. Nous les appelons violences sociales, et les distinguons ainsi des autres types de violence, car elles sont inscrites et institutionnalisées par les traditions et coutumes et s’imposent ainsi à travers les croyances et les normes sociales à une grande partie ou à la majorité de la population.

Entre coutumes, traditions et religions

Le poids des coutumes, les traditions et de la mauvaise interprétation des religions entraînent une marginalisation de la femme et sa relégation au deuxième plan. Il en est de même pour l’accès à la contraception. En effet, pour qu’une femme utilise la contraception, elle a besoin de l’avis de son mari, qui très souvent des ces pays ouest africains tient en compte la dimension culturelle et religieuse. Pour la religion musulmane, la planification familiale ne peut être assimilée à la limitation des naissances. Donc logiquement, toute femme désirant utiliser la contraception doit le faire dans l’optique d’espacer les naissances afin de protéger la femme des grossesses rapprochées et permettre aussi un équilibre dans la famille avec l’aval de son mari.

De plus, la forte proportion des mariages précoces et/ou forcés et les MGF sont l’émanation des us et coutumes. En effet, dans certaines traditions, la fille/femme doit être mariée très tôt car elle n’a d’autres fonctions que les travaux domestiques et l’éducation des enfants. Ceux qui sous tendent ces arguments sont en réalité les populations où on enregistre le plus de décès maternel.

Intensifier la lutte contre les violences faites aux femmes en Afrique de l’Ouest

La question de l’autonomisation des femmes est complexe dans nos contrées africaines habituées généralement à reléguer la femme au second plan.

Il faut:

  • Continuer à renforcer les capacités des organisations locales en matière de lutte contre les violences faites aux femmes;
  • Renforcer l’arsenal juridique;
  • Mener des actions de sensibilisation et de communication à large échelle pour un changement de comportement, des mentalités et des croyances sur les rapports entre les femmes et les hommes et les violences faites aux femmes.

Ibrahima FALL