Santé sexuelle et reproductive dans le Zoundwéogo : Des agents de santé outillés aux besoins des jeunes


Jeunes

L’Association pour le développement et l’intégration de la jeunesse rurale et l’ONG BORNEfonden ont organisé, les 5 et 6 avril 2018 à Manga, un atelier de formation au profit de 42 agents de santé de la province du Zoundwéogo. L’objectif était de renforcer les capacités des participants sur les besoins spécifiques des jeunes et adolescents en matière de sexualité.

La promotion d’une sexualité responsable des jeunes dans la province du Zoundwéogo, région du centre-sud, est au cœur des activités de nombreuses structures associatives, en l’occurrence l’Association pour le développement et l’intégration de la jeunesse rurale (ADIJR) et l’ONG BORNEfonden. Les 5 et 6 avril 2018, à Manga, ces dernières ont, en effet, entrepris de former une partie du personnel de santé de la province sur la problématique des besoins spécifiques des jeunes et des adolescents en matière de Droits de Santé sexuelle et reproductive (SSR).

Le coordonnateur de l’ADIJR, Kalifa Kabré s’attend à voir la donne changer grâce à l’action des bénéficiaires

La rencontre qui a réuni 42 agents de santé venus des quatre communes du Zoundwéogo s’inscrivait dans la mise en œuvre de la composante un du programme Youth empowerment in west africa (YEWA), une initiative visant le renforcement du bien-être social et économique des jeunes à travers le Burkina Faso, le Mali, le Togo et le Bénin.

Les deux jours de travaux, a indiqué  le coordonnateur de l’ADIJR, Kalifa Kabré, ont été ponctués de communications et d’échanges grâce auxquels les participants se sont approprié le cadre juridique en matière de SSR et les raisons de la faible fréquentation des centres sanitaires par les jeunes. Ils ont aussi prospecté les offres de service adaptés pour une prise en compte efficiente de leurs besoins spécifiques et appris à manipuler les outils de collecte de données qui seront mis à leur disposition en perspective à une meilleure connaissance sur l’état des fréquentations des jeunes des services sanitaires dans la province du Zoundwéogo.

Photo de famille des participants

A en croire M. Kalifa, il était de bon ton de renforcer les connaissances des agents de santé dans le domaine de la SSR. Cela, a-t-il dit, pour développer en eux le bon réflexe susceptible de facilité le contact avec les jeunes mais aussi et surtout au regard de l’ampleur des comportements à risque qu’entretient une frange importante de la population juvénile.

Sur ce dernier point, le coordonnateur de l’ADIJR a expliqué que le nombre élevé de grossesses non désirées, enregistré annuellement au niveau provincial, est la preuve que les jeunes sont enclins à une sexualité précoce et ignorent beaucoup des méthodes de contraception. Toute chose, selon lui, qui est aussi préjudiciable à un rebond de la prévalence du VIH/SIDA et autres maladies infectieuses au sein de la population.

Tout en saluant l’attention dont ont fait montre les participants durant les travaux, il s’est dit confiant de l’impact positif de l’initiative sur le comportement des jeunes dans les localités respectives des agents formés.

Marguérite Yougouma du district de Manga, tout comme d’autres bénéficiaires, a embouché la même trompette que lui quant à la portée de la rencontre.  « Cet atelier va changer la vision et l’attitude des agents de santé dans la prise en charge des jeunes », a-t-elle confié, non sans ajouter qu’elle se fera personnellement un relai des connaissances acquises auprès de ses collègues pour une sexualité responsable du plus grand nombre de jeunes et adolescents.

Le coordonnateur de l’ADIJR a également insisté sur la mise en pratique du savoir acquis, appelant chacun des bénéficiaires à être, de retour dans sa localité, « un bon tonton ou une bonne tantie des jeunes » pour l’atteinte des objectifs escomptés.

Du reste, Kalifa Kabré a précisé que l’atelier de Manga est la première d’une série d’activités qui sera réalisée, en lien avec la santé et l’employabilité des jeunes de sorte à leur offrir plus de chances de réussite dans leur vie.

Mamdi Largo

Publié le 06-04-2018 dans Infowakat.net