Régina Guédou, Activiste de la Planification Familiale au Bénin.


Regina GUEDOU, Activiste PF

A l’occasion de la Journée Internationale de la Femme 2018, l’Unité de Coordination du Partenariat de Ouagadougou (UCPO) avec la collaboration des Jeunes Ambassadeurs pour la Santé de la Reproduction et la Planification Familiale (JASR/PF), membres des Coalitions de la Société Civile pour le Repositionnement de la PF en Afrique de l’Ouest (CS4FP Plus) vous propose une série d’interviews d’activistes urbaines et rurales œuvrant pour l’accès des femmes aux services de PF.

Mme Regina Guédou est la Directrice de l’ONG FADEC, une ONG qui travaille très activement avec les femmes rurales et qui s’investit sur les questions de SR.

Comment est venu votre engagement au profit de la Planification Familiale?

Notre engagement pour la planification familiale est né des constats que nous avons fait sur le terrain à travers un programme de l’UNICEF au profit des filles non scolarisées au Bénin. Les jeunes filles et femmes ont été recrutées pour accompagner les communautés à faciliter la scolarisation, le maintien et l’achèvement des cycles scolaires des enfants.

En quoi votre activisme change ou pourrait changer la vie des femmes?

Notre activisme aujourd’hui change déjà la vie des femmes. Les stratégies que nous utilisons sont des stratégies qui mettent la femme au devant de la scène et la femme prend le lead. Nous avons aujourd’hui des plateformes féminines avec un programme dénommé: “Epargner pour le changement”. Nous avons installé des groupements de femmes et  identifié parmi ces groupements, des femmes agents communautaires, animatrices de ces plateformes féminines dans lesquelles nous faisons le diagnostic des problèmes de développement, et d’autonomisation des femmes et des jeunes, et formons les paires éducateurs sur la thématique de la planification familiale.

Quels sont les défis auxquels vous êtes souvent confrontés?

Les défis sont énormes nous avons au premier chef les pesanteurs socio-culturelles. Ce sont des défis structurels qui freinent l’élan. La femme peut, être engagée et compte tenu de son appartenance religieuse, faire des déclarations mensongères tout juste pour vous satisfaire.

Les agents de santé qui doivent accueillir ces femmes ne sont pas formés et en tant qu’ONG nous sommes limités dans la formation de ces agents.

Les fausses rumeurs également, parce que toutes les femmes ne font pas la planification familiale dans les milieux indiqués donc il y a des cabinets, des ”hangars de soins” selon moi qui donnent des prestations et quand ça donne des effets secondaires ça fragilise la demande au niveau de ceux qui voient ces effets secondaires.

Enfin, il demeure des tabous. Le sexe reste un tabou et les gammes de produits dont les populations ont besoin ne sont pas toujours disponibles. Il faut toujours attendre les partenaires et quand il y a rupture il faut que le partenaire ravitaille. Il y a des centres de santé où même le préservatif se fait rare.

Un message à envoyer lors de cette journée internationale de la femme?

Femme, faisant notre auto critique, appréhendons nos défis, commençons par chercher les voies et moyens pour les surmonter avant de faire appel aux autres. Ce que nous pouvons faire commençons par le faire nous même. Notre avenir est dans nos mains nous devons nous lever et prendre nos responsabilités avant de solliciter l’appui des autres.

Propos recueillis par Armance Atchou, EtriLabs.