Les Mariages précoces perdent du terrain en Guinée selon la Banque Mondiale


Deux petites filles

Cette année, un nouveau rapport du Centre international de recherche sur les femmes (ICRW) et du Groupe de la Banque Mondiale note une vingtaine de pays africains et d’ailleurs dont la Guinée où la pratique des mariages précoces perd du terrain. Au total, il s’agit de 22 pays dont le Mali, Niger, Tchad, Burkina Faso, Sénégal, Pakistan, Ghana, Côte d’Ivoire, Mauritanie, Bangladesh et la Guinée.

Le recul de cette pratique se traduit par une diminution de la part des jeunes femmes mariées précocement (18-22 ans) par rapport à celle des femmes plus âgées dans le même cas (23-30 ans).

Souvent provoqué par la pauvreté, la pression des parents, l’accès limité à une éducation de qualité ou encore la priorité donnée aux études des garçons, nombreuses filles sont exposées à la pratique du mariage précoce. Elles sont plus de 15 millions de filles à connaitre ce sort chaque année. Et selon un rapport de la Banque Mondiale, « chaque jour, 41.000 filles se marient avant leur 18ème anniversaire ».

Si cette pratique est courante en Afrique, aujourd’hui, de nombreux gouvernements africains et d’ailleurs multiplient les efforts pour limiter ses conséquences. Le nouveau rapport précise également qu’ « un mariage précoce est lourd de conséquences pour les principales intéressées, leurs enfants, leurs familles et même leurs pays. Ils (les mariages précoces) coûteront des milliers de milliards de dollars aux pays en développement d’ici 2030 ».

« Mettre fin à cette pratique et aux grossesses adolescentes pourrait réduire d’environ 10 % la fécondité et la croissance de la population dans les pays où les mariages d’enfants sont très répandus. Les gains réalisés chaque année en termes de bien-être grâce au ralentissement de la croissance démographique pourraient se chiffrer à plus de 500 milliards de dollars par an d’ici 2030 à l’échelle mondiale. En outre, on observerait une baisse des risques de mortalité et de retards de croissance dus à la malnutrition chez les enfants de moins de cinq ans. Des progrès qui, à l’échelle mondiale, se chiffreraient à pas moins de 90 milliards de dollars par an d’ici 2030. Enfin les pays concernés pourraient réaliser au moins 5 % d’économies sur le budget de l’éducation à l’horizon 2030 », tels sont entre autres les avantages énumérés par la Banque mondiale dans son rapport coproduit avec ICRW.

Paru dans la Presse Guinée