Mariage précoce/forcé : l’Imam Zigui Karim (Cosim) donne la position de l’Islam.


Mariage-precoce/force

Invité jeudi 15 juin à Abidjan Treicvhville à l’AIBEF à un panel organisé par l’Association pour le bien-être familial  autour du thème : « Mariages forcés et précoces; quels regards sur les réalités socio-culturelles et quels impacts sur la santé de la fille« . Et ce, en prélude à la célébration de la journée de l’Enfant africain, célébrée le 16 juin, l’Imam Zigui Karim du Cosim a tenu a apporté la précision de l’islam sur la question.

«En ce qui concerne le mariage, l’Islam tient compte de la puberté de la jeune fille. Le mariage peut être consommé après la période de la puberté. C’est -à-dire, une fois qu’elle a ses menstrues. Mais pas avant ».

Interpellé sur le fait que certaines filles précoces ont des menstrues à l’âge de 9 ans, et donc trop jeunes pour contracter un mariage. L’Imam fait savoir qu’à ce même âge, dans les rues d’Abidjan, ou dans des zones propices à la prostitution à Bietry(Marcory), des filles âgées de 09 ans sont passées pour expertes dans la prostitution. Et personne ne s’en plaint –a-t-il réagit.

« Ces filles mineures se vendent dans les rues, à la vue de tous», a-t-il déploré. Pour le guide religieux, la jeune fille musulmane doit se marier vierge. Donc pour éviter le déshonneur il est préférable qu’elle rentre dans le foyer dès qu’elle accède à l’âge de la puberté.

Toutefois, l’imam a reconnu que la religion musulmane condamne le mariage forcé. « Car le mariage est basé sur la compassion et l’amour des conjoints, le consentement du couple, l’accord des deux familles, le témoignage de chacun des acteurs », a énuméré l’imam. Sans oublier l’apport de la dote qui donne l’indépendance totale de la femme, a-t-il ajouté. Pour terminer, l’iman assure que le mariage précoce n’est pas un obstacle à la scolarisation de la jeune fille. « On peut se marier et aller à l’école ».

Bien avant ses arguments, des spécialistes en santé tels que Dr Germaine Moket, gynécologue obstétricienne à l’AIBEF sont revenus sur les dangers auxquels sont confrontés les filles qui rentrent dans le mariage avant l’âge de 18 ans, période scientifique indiquée pour se marier.

« La grossesse peut-être bien suivie mais à l’accouchement, on ne sait pas ce qui va se passer… Souvent le bassin de la jeune fille -mère est petit, parce que son corps d’enfant n’est pas encore mûr. Elle peut ressortir paralysée si le bassin est déplacé. Des cas de fistules, des risques de contracter le Vih sida à cause des infections », des ruptures utérines… ».

Le Dr Moket a ajouté que souvent, les filles victimes de mariages précoces ou de mariages forcés décèdent en couche. Le bébé a souvent peu de chances de survivre. Bien avant cette intervention, Professeur Christiane Welffens Ekra, présidente nationale de l’Association ivoirienne pour le bien-être familial (AIBEF) a estimé  que l’AIBEF veut attirer  « l’attention de tous sur les dangers des mariages de mineures », parce qu’elle  adhère pleinement à la prise en compte du point de vue de l’enfant.

» Nos fillettes sont forcées à abandonner l’école pour se marier à des adultes, elles courent le danger de mourir en couches parce que l’organisme n’est pas préparé à recevoir et développer une grossesse… »,a t-elle déploré.

Isabelle Somian

FratMat Info