Le Burkina face au double jeu de la mortalité et de la fécondité !


Dans le cadre de la Journée mondiale de la population, la Direction générale de l’économie et de la planification (DGEP) organise des Journées Portes Ouvertes (JPO) du 19 au 20 juillet 2018 à Ouagadougou. Ces JPO ont débuté par une conférence de presse à la salle de conférence de l’Institut Supérieur des Sciences de la Population (ISSP).

La communauté internationale a célébré le 11 juillet 2018 la Journée mondiale de la population sous le thème «la planification familiale est un droit humain ». Le Burkina Faso l’a commémorée sous le thème national « Dividende démographique au Burkina Faso : Faire de la planification familiale une réalité pour accélérer la transition démographique ». Plusieurs activités ont été organisées.

Le ministère en charge du développement, à travers sa structure centrale, la Direction générale de l’économie et de la planification (DGEP), n’entend pas rester en marge de cette cérémonie internationale qu’il commémore en différé. Des journées portes ouvertes se tiennent du 19 au 20 juillet 2018 à Ouagadougou sous le parrainage du Directeur de l’ISSP, Pr Jean François Kobiané.

Une conférence de presse animée par les responsables de la DGEP a donné le top départ de ces journées portes ouvertes. Le dividende démographique, comme thème central, est défini de façon générale comme étant l’accélération de la croissance économique pouvant résulter d’une modification de la structure par âge de la population d’un pays.

Le Pr Jean François Kobiané a fait noter deux types de dividende démographique. Le premier, a-t-il expliqué, est relatif à la transition démographique, d’où le passage des taux élevés de natalité et de mortalité à une baisse de ces deux taux afin d’entraîner un nombre élevé de producteurs (population active) par rapport à celui de consommateurs.

Concernant le second dividende démographique, il a informé qu’en effet, une population ayant une part importante de personnes travaillant jusqu’à un âge relativement avancé et vivant une longue période de retraite anticipe le vieillissement de la société et est fortement incitée à accumuler des actifs.

Pourtant, au Burkina, « la population non-active dépasse celle active»

Visite de stands…

 

 

Des pays africains sont en train de profiter de la capture du dividende démographique, en l’occurrence la Tunisie. Le Burkina Faso a choisi de faire de la Planification Familiale (PF) une réalité pour accélérer la transition démographique, en témoigne la gratuité de plusieurs services de PF dont celle Post-partum (juste après accouchement). Sur cette question, le directeur général de l’économie et de la planification, Soabou Diallo, se veut on ne peut plus précis.

Au Burkina, les gens y croient. C’est vrai que les résultats ne sont pas perceptibles instantanément. En tout cas, la mortalité a baissé notamment la mortalité infantile. Mais, la fécondité est en hausse et la population non-active dépasse celle active. Je pense que nous sommes sur la bonne voie, malgré qu’il y ait toujours des comportements et mentalités à changer. C’est une lutte de longue haleine, est-il convaincu.

Il a également soutenu qu’il urge de parvenir à un engagement fort de tout un chacun à travers un investissement dans la planification familiale afin de maîtriser la forte croissance démographique et un investissement stratégique dans l’éducation afin d’avoir un capital humain de qualité. C’est pour notamment répondre à ces défis qu’un outil de veille a été mis en place en décembre 2017 dans le cadre du projet SWEDD : l’Observatoire national du dividende démographique.

Il faut rappeler que la Direction générale de l’économie et de la planification a pour mission essentielle la formulation des politiques de développement dont ledit observatoire et leur traduction en plans et programmes ainsi que la coordination, le suivi et l’évaluation des projets et programmes de développement au niveau national.

Noufou KINDO

Publié le 19-07-2018 dans Burkina 24