Journée mondiale de la population: sous le signe des bienfaits de la planification familiale


Journee-mondiale-population

La journée mondiale de la population constitue, selon la ministre en charge de l’Economie, des Finances et du Développement, Hadizatou Rosine Coulibaly/Sori, une tribune d’interpellation de l’ensemble des acteurs sur les questions des populations qui sont au cœur de la croissance inclusive et de la promotion du développement humain durable. Pour elle, la thématique retenue cette année est d’une actualité évidente et d’une importance stratégique qui appelle à l’action.

«Au-delà des théories, il est maintenant établi que le développement économique et social des nations est assujetti à une maitrise optimale des tendances démographiques qui elle aussi, dépend des décisions individuelles et collectives en matière de procréation» a révélé la ministre qui est par ailleurs présidente du conseil national de la population.

A l’en croire, au Burkina Faso, moins d’une femme sur quatre en union utilise une méthode de contraception moderne. Cependant, relève la ministre, environ une femme en union sur cinq soit 626 391 femmes ont un besoin non satisfait. Elle indique que la faible utilisation des méthodes contraceptives pourrait s’expliquer par le poids des pesanteurs socio-culturels et de la faible accessibilité des populations au service des méthodes de planification familiale.

Pour la représentante résidente du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) au Burkina, Edwige Adekambi, le thème de cette année cadre bien avec les préoccupations, les réflexions et les décisions actuelles du Burkina Faso sur la démographie, le développement et le nombre d’enfant par femme. Elle estime que la planification familiale est reconnue comme étant un véritable pilier de développement socioculturel et économique. En d’autres termes, la planification familiale offre aux parents le choix d’avoir le nombre d’enfants qu’ils désirent, ce qui leur permet de répondre aux différents besoins de chacun d’entre eux.

«Elle permet non seulement d’éviter environ un tiers des décès maternels et près de 20% des décès infantiles mais aussi contribue de façon significative à réduire la pauvreté et la faim. Aussi, elle renforce l’autonomisation des femmes et améliore l’éducation pour tous ainsi que la préservation de l’environnement, toute chose qui contribue à la réalisation du dividende démographique» a expliqué Edwige Adekambi.

Le thème de cette année, aux dires du directeur général de l’économie et de la planification, Souabou Diallo, signifie que la question de la planification familiale est un enjeu majeur pour les questions de développement au niveau mondial. «Donc, il faudrait aujourd’hui notre pays puisse travailler de sorte à pouvoir maitriser sa croissance démographique», souligne-t-il.

Pour lui, les questions de planification familiales sont des questions qui engendrent plusieurs facteurs tels politiques, culturels et socioéconomiques. Pour ce faire, il a demandé l’implication de l’ensemble des acteurs à savoir : le gouvernement, la société civile, les leaders coutumiers ou religieux afin que chacun puisse prendre conscience de la question de maîtrise de la planification familiale.

«Quels que soient les efforts que nous faisons en terme de croissance économique, tant que nous n’arrivons pas à maitriser l’aspect croissance démographique, nous n’allons pas avoir l’impact visible en terme de développement. Ce qui signifie que, si la croissance économique est de taille, il nous faut beaucoup plus d’investissement dans le secteur éducatif, sanitaire et des infrastructures» a  fait savoir le directeur général de l’économie et de la planification.

Ylkohanno Somé

Paru le 24-07-2017 dans Fasozine