Des journalistes des pays membres du Partenariat de Ouagadougou formés à Bamako


Bamako - formation journalistes

(Guinéeco.info)-Du 18 au 20 septembre derniers, des journalistes venus des neuf pas membres du Partenariat de Ouagadougou ont suivi à Bamako, au Mali, un  atelier de formation pour leur permettre de mieux communiquer avec les communautés dans le cadre d’un changement de comportement en matière planification familiale.

Au cours de cette session, Dr Cheick Touré, le directeur d’Intrahealth international a souligné l’importance de cette  rencontre en ces termes : « L’atelier régional des communicateurs du PO, qui nous réunit ici, revêt une importance particulière pour nous tous. En effet, la communication est le meilleur outil pour un changement de comportement au sein d’une communauté, et pour une communication efficace il faut réduire sinon supprimer les intermédiaires ».

« Vous êtes le plus proches des communautés à travers vos micro et vos écrits, ce qui fait de vous, en plus d’acteurs engagés, des cibles pour notre plaidoyer. Nous devrions nous assurer que vous êtes à jour sur les politiques de santé en cours mais aussi partager avec vous les difficultés, les goulots d’étranglement qui nous empêchent d’avoir les résultats escomptés », a-t-il ajouté

En initiant l’atelier de Bamako pour les hommes de médias, l’Unité de Coordination du Partenariat de Ouagadougou (UCPO) vise plusieurs objectifs qui ont été déclinés par Mme Fatimata Sy. « Cette rencontre a pour intérêt majeur de renforcer les capacités des journalistes que vous êtes dans d’autres domaines de la santé où les inégalités persistent (Fistules obstétricales, VSBG, conséquences des mariages précoces etc…) en vue d’une bonne information en vers la population », explique-t-elle. Ceci implique, selon elle, un renforcement de la communication et du partenariat entre les acteurs et la presse.

« Vous qui relayez l’information au public jusque dans les coins les plus reculés des pays, votre rôle est capital quant au changement de comportements pour un avenir meilleur. Donc, votre niveau de connaissance sur la Santé de la reproduction et la qualité de votre implication sont des facteurs importants dans la lutte que nous avons engagée », indique par ailleurs Dr Touré.

Un objectif ambitieux

Pour le Partenariat de Ouagadougou (PO), l’objectif principal  de cette rencontre est de voir avec vous les journalistes comment à travers leurs micros et plumes atteindre au moins 2,2 millions d’utilisateurs supplémentaires de méthodes de planification familiale dans les neuf pays d’ici 2020. Un objectif est ambitieux étant donné que les neuf pays sont encore confrontés à des obstacles socioculturels, à des systèmes de santé faibles, des financements limités et des indicateurs de santé progressant à un rythme sans répit encore dans certains pays.

Néanmoins, beaucoup de progrès ont été accomplis compte tenu des efforts importants des gouvernements, des organisations de la société civile et des coalitions, ainsi que des partenaires financiers et techniques depuis la création de l’OP, mais des défis restent à faire.

Au cours de la séance de présentation l’accélération de planification familiale,  le chargé des relations avec les pays au sein de l’unité de coordination du partenariat de Ouagadougou  Rodrigue Ngouana, a évoqué les enjeux, les objectifs et les perspectives de la phase d’accélération de 2016 -2020 de la planification familiale. Il a par la même occasion présenté la situation de chaque pays membre du partenariat.

Dans la même lancée Mr Rodrigue a parlé des résultats obtenus par chaque pays. Selon lui il y a des choses à combler pour beaucoup de pays comme le Sénégal qui a fait un bond de 8 points en trois ans, la Mauritanie et le Niger qui ont enregistré aussi des résultats incitatifs, et d’autres pays qui accusent des retards.

Toujours dans son intervention  Rordrigue  a présenté aux journalistes les tendances actuelles des pays membre du Partenariat de Ouagadougou. Ces tendances qui, selon  l’objectif de 2,2 millions d’utilisatrices supplémentaires en 2020, risquent de ne pas être atteintes.  Ce sont : la Côte d’Ivoire a promis 441.000 nouvelles utilisatrices d’ici 2020, le Burkina Faso 389.000, le Niger304.000, le Mali 269.000, le Bénin 227.000, le Sénégal 217.000, la Guinée 188.000, le Togo 141.000 et la Mauritanie 39.000.

Une première phase au goût d’inachevé

Il fait remarquer que durant la Première phase 2011-2015, tous les pays du Partenariat, hormis le Burkina Faso, n’avaient pas atteint les objectifs attendus. C’est le cas de la Mauritanie qui avait promis 7.847 utilisatrices supplémentaires et qui n’a réalisé que 5.657. Si la tendance se maintient, les gaps risquent d’être importants entre les résultats attendus et ceux qui seront réalisés, précisant que certains gaps peuvent aller jusqu’à un chiffre de 50.000 comme dans le cas de la Côte d’Ivoire, fait-il remarquer.

L’occasion a été donnée à Dr Moctar Diallo, Directeur CS4FP Plus IntraHealth International MALI de donner des explications sur le rôle et les ambitions de son institution dans la lutte pour la planification familiale et sur l’avenir  des jeunes. M. Diallo a donné une large explication sur le but et les objectifs de CS4FP PLUS qu’est le renforcement de l’engagement de la société civile dans le repositionnement de la planification familiale en Afrique de l’Ouest, faire des OSC des acteurs majeurs du repositionnement de la PF dans les 9 pays du PO ; organiser et renforcer les capacités des OSC dans leurs rôles décisionnels  dans le processus d’optimisation des programmes de planification familiale.

Son rôle aussi est d’amener les autorités à inscrire la PF parmi les priorités de développement national ; de Promouvoir les solutions innovantes et en phase avec les réalités du moment, Comme l’usage des TIC dans la promotion de la PF.

Parlant des axes stratégiques, Dr Diallo fait cas du renforcement des capacités  de coalitions d’OSC-PF ; la Forte implication des groupes de femmes, des religieux ; le Soutien à la mise en œuvre des PANB du PO : Plaidoyer  et surtout Contribution des Organisation de la société civile (OSC)  à la capture du dividende démographique : Quelle synergie des interventions avec les programmes PF.

Il y a aussi la forte mobilisation d’autres secteurs : Privé santé et non santé, Organisations corporatives ; la  Mise en œuvre de l’initiative Jeunes Ambassadeurs de la SR/PF : TIC et Médias sociaux ; Campagnes SVSG-Vacances-JMC ; la Mise en œuvre de programme d’Education Complète à la Sexualité ; Développement de Services de PF Adaptés aux jeunes.

Kadiatou Thierno Diallo

Guineeco.info