Financement Planification familiale : « La ligne budgétaire de 400 millions de FCA reconduite pour 2018 »


La ministre ivoirienne de la Santé et de l'Hygiène publique, Dr Raymonde Goudou-Coffie

La question du dividende démographique est si importante qu’elle nécessite que tous les ministères s’y impliquent.

La ministre de la Santé et de l’hygiène publique, Raymonde Goudou-Coffie, a au cours du Dialogue de haut niveau qui s’est tenu le jeudi 30 novembre en marge du 5e Sommet Union africaine – Union européenne, réagit  sur le thème : « Jeunesse et Dividende démographique: Appel à la mobilisation en faveur du droit à la santé sexuelle et reproductive des adolescents et des jeunes en Afrique, condition et levier d’un développement durable », dans un échange avec la presse ivoirienne. A cette occasion, la première responsable de la Santé est revenue sur les acquis mais aussi sur  les défis enregistrés dans le processus de la promotion de la planification familiale et le positionnement de la santé sexuelle et reproductive.

Comment compter vous saisir l’opportunité qu’offre le dividende démographique en Côte d’Ivoire ?

Il est dit depuis quelques années, en Afrique et plus particulièrement en Côte d’Ivoire, que nous avons un taux très élevé d’enfants par femme. On était à 6 quelques années, à 5 selon l’Eds 2012. Actuellement nous sommes à 4, 6  par femme selon l’Organisation mondiale de la santé (Oms). Donc il y a une évolution. Mais le dividende démographique nous demande de sensibiliser les femmes. Et cela demande  également que l’Etat de Côte d’Ivoire puisse avoir une ligne budgétaire  en son sein d’un montant qui permette de rende accessible la contraception à la population. Et c’est ce que nous avons fait en 2015 où  nous avons dégagé 400 millions de Fcfa pour l’achat des produits contraceptifs. Cela en vue de permettre l’accès facile à nos femmes d’abord.

Entre temps, on a vu la crise des grossesses précoces. Nous avons mis au sein du ministère de la Santé un programme national qui s’adresse aux adolescents, aux jeunes pour la prise en charge médicale. Nous avons demandé à ce programme d’aller sensibiliser ces enfants à l’école. C’est la raison pour laquelle cette ligne a été reconduite en 2018 à hauteur toujours  de 400 millions de F. N’oublions pas que nos partenaires nous accompagnent. Mais il est du devoir du gouvernement ivoirien  de rendre accessible les produits contraceptifs. Nous nous avons donc notre cote part à ce niveau.

Mme la ministre, pouvons-nous avoir une idée  du stade d’évolution de la loi sur la santé sexuelle et santé de reproduction ?

Nous avons une loi sur la reproduction sexuelle qui se trouve actuellement au niveau du Secrétariat général de la gouvernance. Avec un peu plus de chance, nous espérons avant la fin de cette année, présenter en première étape ce projet de loi sur l’éducation sexuelle, la contraception et autre sur la prise en charge. Ensuite la loi va passer en début d’année  à l’ Assemblée nationale. Une fois votée, elle va accompagner toutes les actions que nous sommes en train de faire en ce moment.

Pensez-vous que le dividende démographique peut profiter à toute la population ?

Le dividende démographique est important par ce qu’il est transversal et touche à toutes les questions. Notamment, l’éducation, l’emploi des jeunes, les questions de santé…A ce niveau, il prend en compte la prise en charge de la santé  des jeunes, des populations et surtout des femmes. La question du dividende démographique est si importante qu’elle nécessite que tous les ministères s’y impliquent.

Isabelle Somian

Isabelle.somian@fratmat.info