Comment éviter la bombe démographique en Afrique.


femme du Niger

Alors qu’il recule dans presque toutes les régions du monde, le taux de fécondité stagne en Afrique subsaharienne avec une moyenne de 4,7 enfants par femme. Un chiffre qui inquiète la communauté internationale et révèle de grandes disparités.

La population mondiale a été estimée, fin juin, à 7,55 milliards, par l’ONU. Le continent africain apparaît en deuxième position avec près d’1,3 milliard de personnes, soit 16% de la population mondiale, derrière l’Asie qui concentre 4,5 milliards d’âmes. Alors que la croissance démographique ralentit partout dans le monde, la population africaine croît à un rythme accéléré. D’après les prévisions actuelles, elle se situera entre deux et trois milliards en 2050 et atteindra 4,5 milliards en 2100: 40 % de l’humanité sera africaine à cette date, résume Le Monde. Sur la période 1950-2050, la population aura donc été multipliée par 11, là où celle de l’Amérique latine l’aura été par 4,6. De quoi inquiéter le reste de la planète.

Lors du sommet du G20 à Hambourg les 7 et 8 juillet, Emmanuel Macron n’a pas manqué d’exprimer avec force cette inquiétude, s’attirant par la même occasion des inimitiés sur le sol africain. En réponse à la question d’un journaliste ivoirien qui lui demandait s’il fallait «un plan Marshall pou sauver l’Afrique» comme cela avait été le cas avec les pays d’Europe après la seconde Guerre mondiale, le chef de l’Élysée assène: «Le défi de l’Afrique est totalement différent. Il est civilisationnel aujourd’hui. Quand des pays ont encore sept à huit enfants par femme, vous pouvez décider d’y dépenser des milliards d’euros, vous ne stabiliserez rien.»

Depuis cette déclaration fracassante, on assiste à un regain d’intérêt pour la question démographique. Quand des parlementaires ouest-africains ont pris la décision le 22 juillet d’inciter leurs gouvernements respectifs à adopter des politiques visant à limiter le nombre d’enfants à trois par femme d’ici 2030, les citoyens se sont réappropriés cette question, et ont exprimé toute sorte de fantasmes sur les réseaux sociaux à propos des intentions de Macron. Mais qu’en est-il véritablement? La transition démographique est-elle si difficile à accélérer?