Comment contribuer à la réduction du taux de décès maternels évitables en Guinée ?


femme et son bebe

Comment contribuer à la réduction du taux de décès maternels évitables en Guinée ? La question était au centre d’un atelier de restitution des résultats de la mission de suivi de la mise en œuvre de la surveillance des décès maternels et riposte (SDMR) organisé par le Ministère de la Santé avec l’appui de l’OMS. L’atelier a regroupé 74 participants représentant les principaux acteurs impliqués dans la problématique des décès maternels, notamment, les personnels des structures de santé, les acteurs de la société civile, des partenaires au développement (UNFPA, OOAS, JHPIEGO, UNICEF, USAID), des universitaires, des cadres du Ministère de la Santé et d’autres départements ministériels. Cet atelier avait pour but d’orienter les participants sur les directives de l’OMS en matière de surveillance des décès maternels et riposte (SDMR) ; valider les résultats du suivi de la mise en œuvre de la SDMR en vue d’une planification d’actions correctrices et élaborer une feuille de route y relative.

En effet, de nombreuses femmes meurent encore en Guinée en donnant la vie, d’où la nécessité d’avoir une approche multisectorielle pour améliorer la situation. Selon l’EDS 2012, le ratio de décès maternels est de 724 pour 100.000 naissances vivantes, la mortalité néonatale  estimée à 34 pour 1000, la prévalence contraceptive 7% toutes méthodes confondues, les besoins non satisfaits de la planification familiale  24%, la consultation prénatale 85 % et le taux d’accouchement assisté de 49%.

C’est pourquoi, à travers différentes thématiques, les participants ont passé en revue les problèmes prioritaires relatifs aux décès maternels. Ils ont par ailleurs mis l’action sur la sous notification des décès maternels et des décès néonatals, les insuffisances dans la diffusion/application des documents, l’absence de directives techniques opérationnelles et d’outils harmonisés, l’absence de plan de mise en œuvre et de cadre de suivi/évaluation de la mise en œuvre de la SDMR aux niveaux central et déconcentré, ainsi que la faible implication des communautés dans la surveillance des décès maternels et riposte.

 Le pays doté de plan d’action

Un projet de plan d’action pour la mise en œuvre de la SDMR en Guinée a été élaboré avec l’appui des partenaires dont l’UNICEF, UNFPA, JHPIEGO, USAID et l’OMS qui se sont engagés à soutenir le Gouvernement. Ainsi, une série de recommandations a été faite en direction des principaux acteurs (Gouvernement, services de santé, communautés, secteur privé et partenaires) afin d’intégrer et renforcer leurs actions en faveur de la surveillance des décès maternels et riposte. Un Comité de suivi du processus de renforcement de la SDMR sera mis en place sous l’égide de la Direction nationale de la famille.

L’atelier a été mis à profit pour faire un plaidoyer de haut niveau sur la problématique de la  surveillance des décès maternels et riposte.

Au  nom du Représentant de l’OMS en Guinée, l’Administratrice nationale chargée de la Santé familiale, le Dr Saliou Dian DIALLO a rappelé « qu’en dépit des progrès accomplis par les gouvernements et leurs partenaires, la cible 5a de l’OMD 5 qui est la réduction de trois quarts du ratio de mortalité maternelle entre 1990 et 2015 ne sera pas atteinte par la plupart des pays de la Région Africaine de l’OMS. Environ, 289 000 femmes meurent encore chaque année dans le monde de causes liées à la grossesse, à l’accouchement et aux suites de couches. En outre, 99 % de ces décès ont lieu dans les pays en développement dont plus de la moitié surviennent en Afrique.»

Quant au  Secrétaire général du Ministère de la Santé, le Dr Younoussa BALLO, il a souligné « l’importance de considérer le couple mère-enfant comme la porte d’entrée pour un développement holistique du système sanitaire du pays.» Il a aussi relevé que « les leçons tirées de l’épidémie de la Maladie à virus Ebola en Guinée ont montré la nécessité de rester connecté aux réalités de terrain en y collectant des informations sanitaires fiables au sein des populations afin de relever les défis relatifs aux indicateurs de santé préoccupants.»

Guinee360