La contraception dans les pays du Partenariat de Ouagadougou


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En 2016, on recensait 4.720.000 de femmes utilisatrices de méthodes de contraception moderne dans les 9 pays francophones de l’Afrique de l’Ouest. Ceci représente une croissance de 1.306.000 d’utilisatrices additionnelles de méthodes modernes depuis 2011. Comme conséquence de ce niveau d’utilisation de la contraception, 1.167.000 de grossesses, 374.000 avortements à risques et 4.300 décès maternels ont été évités.

Les raisons de ces avancées notoires sont multiples. Il y a avant tout la création en 2011 du Partenariat de Ouagadougou lors de la conférence sur la Population, le Développement et la Planification Familiale. Ce partenariat entre les 9 pays d’Afrique de l’Ouest Francophone et les bailleurs de fonds, reconnaît la nécessité d’investir dans la Planification Familiale. Il mise sur une meilleure coordination entre les bailleurs de fonds pour optimiser leurs soutiens aux pays et également sur une collaboration et une coopération aux niveaux nationaux et régional afin de faciliter la réplication des bonnes pratiques et de remédier au taux élevé́ des besoins non satisfaits en matière de planification familiale.

Urgence d’agir

A son lancement, l’objectif principal du Partenariat, placé sous l’Urgence d’Agir, était d’atteindre en 2015 au moins 1 milliond’utilisatrices additionnelles de méthodes de contraception moderne dans les neuf pays concernés. Pour cela, les pays se sont dotés chacun de plans d’action budgétisés soutenus par un groupe de partenaires clés constitué de l’Agence Française de Développement (AFD), de l’Agence Américaine pour le Développement International (USAID), de la Fondation Bill & Melinda Gates, de la Fondation William et Flora Hewlett, du Ministère Français des Affaires Etrangères, du Fonds des Nations Unis pour la Population (UNFPA) et de l’Organisation Ouest Africaine pour la Santé (OOAS).

De 2012 à 2014, les pays d’Afrique de l’Ouest Francophone ont connu une augmentation de financement de 36 % dans la planification familiale. Grâce aux outils fédérateurs que sont les plans d’action budgétisés, les 9 pays du PO ont pu développer des initiatives porteuses de résultats, qui ont permis de dépasser de 30% l’objectif initial de 1 million d’utilisatrices additionnelles pour atteindre 1,3 million.

Photo Yves-Constant Tamomo pour EtriLabs

Accélération pour l’horizon 2020

Au cours de la 4ème Réunion Annuelle du Partenariat de Ouagadougou qui a eu lieu en décembre 2015, à Cotonou, les parties prenantes ont annoncé le passage de la phase « urgence d’agir » à la « phase d’accélération » du PO qui s’étale sur 4 ans, de 2016 à 2020. Les bailleurs et les gouvernements ont apprécié les résultats positifs réalisés par le PO entre 2011 et 2015 et se sont engagés à accompagner les pays durant la phase d’accélération.

Le Partenariat de Ouagadougou se propose donc pour la phase d’accélération d’atteindre 2,2 millions d’utilisatrices additionnelles à l’horizon 2020. Cet objectif a été fixé sur la base des tendances actuelles de chacun des pays auxquelles une majoration de 15% a été appliquée pour tenir compte des avancées de chaque pays. En effet, selon les tendances actuelles, les 9 pays atteindront 1,9 million d’utilisatrices additionnelles en 2020. Si par contre on tient compte de l’hétérogénéité et de la dynamique des pays, le coefficient de 15% vers la hausse les 9 pays, permettrait d’atteindre 2,2 millions de femmes additionnelles utilisatrices de méthodes contraceptives modernes à l’horizon 2020.

La phase d’accélération 2016–2020 présente pour l’ensemble des pays et leurs partenaires, des enjeux importants, car en plus de l’objectif de 2,2 millions de femmes additionnelles utilisatrices de méthodes contraceptives modernes, les pays ont aussi décidé de procéder à la révision de leurs plans d’action en vue d’en faire des plans de deuxième génération, prenant en compte les évidences scientifiques connues et les innovations porteuses. De nouveaux bailleurs tels que le Royaume des Pays Bas et le Canada ont rejoint le PO le rendant encore plus solide et soudé dans le repositionnement de la planification familiale dans la région.

Photo Yves-Constant Tamomo pour EtriLabs

Accélération en marche

La 5ème Réunion Annuelle du Partenariat de Ouagadougou qui a eu lieu à Abidjan du 12 au 14 décembre 2016 a été une occasion de faire un état des lieux du démarrage de la mise en œuvre de la phase d’accélération conformément aux engagements pris en décembre 2015 à Dakar et d’établir les bases des prochaines actions pour une meilleure accessibilité aux services de la planification familiale. Le thème retenu était : « Promouvoir la contraception c’est garantir un meilleur avenir des jeunes ».

En 2016, grâce à la délégation des tâches, les pays francophones de l’Afrique de l’Ouest ont assisté à l’introduction des contraceptifs injectables au niveau communautaire. Ils ont augmenté leur allocation budgétaire pour l’achat des contraceptifs et contribué à meilleure communication et documentation sur les progrès de la planification familiale.

Au cours de cette même année, la contraception en Afrique de l’Ouest Francophone a connu 374.000 utilisatrices additionnelles avec 92.000 grossesses non désirées, 350 décès maternels et 30.000 avortements à risques qui ont été évités. Pour la première année de la phase d’accélération, les 374.000 d’utilisatrices additionnelles constituent 17% de l’objectif total visé pour 2020. Si cette tendance se poursuivait sur les 4 prochaines années, l’objectif final ne sera pas atteint car il aurait un gap de 274.000. De plus grands efforts sont nécessaires pour assurer l’atteinte des objectifs des 2,2 millions de femmes additionnelles à l’horizon 2020. Le défi majeur des 9 pays de l’Afrique Francophone pour cette phase d’accélération est donc de poursuivre le plaidoyer pour la mobilisation des ressources et d’améliorer l’accès des jeunes aux produits contraceptifs.

Les bailleurs ont convenu de se focaliser sur trois priorités au cours de l’année 2017, à savoir l’évaluation et la mise à jour des plans d’action, l’investissement de tous les bailleurs dans les plans des pays et le dialogue entre bailleurs et pays pour un meilleur alignement des interventions.

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