Amélioration de la santé de la reproduction : Les engagements du Maire de Ngoye (Bambey)


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Un maire qui s’intéresse et s’investit dans la santé des populations ne court pas les rues au Sénégal. Nous en avons rencontré un qui, en plus d’allouer 15% du budget de sa Commune à la santé, descend sur le terrain aux cotés du personnel médical et des agents de santé communautaire pour sensibiliser les hommes afin qu’ils autorisent leurs épouses à fréquenter les structures de santé en cas de grossesse pour les consultations prénatales  et d’éviter d’accoucher à domicile. Il s’agit de M. Ely Fall, maire de la Commune de Ngoye en plein cœur du Baol depuis 2009.

« Sans la santé, on ne peut rien faire » C’est la conviction du Maire de la Commune de Ngoye (Département de Bambey), M Ely Fall qui estime qu’en tant que premier magistrat de cette localité où vivent 55.000 âmes dont une grande partie constituée de femmes en âge de procréer, il va tout faire pour rendre accessibles et disponibles  les services et soins de santé.  M. Fall est l’un des maires qui se préoccupent de la santé de leurs populations : une des compétences transférées aux communes. Mieux l’édile de Ngoye qui est à la tête de la commune depuis 2009 s’engage à  améliorer la santé des populations, alléger les travaux des femmes et investir dans l’éducation  des enfants. « Quand on faisait la politique on s’était engagé, une fois élu,  à aider nos populations. D’ailleurs c’était notre thème de campagne. On disait aux populations qu’on n’a pas beaucoup d’infrastructures, on n’a pas d’usine, on n’a pas de port ni d’aèroport, encore moins un grand marché. On n’a que la population et cette population ne compte que sur ses bras pour pouvoir travailler et pour travailler, il faut être en bonne santé. Nous avions ainsi promis aux populations de mieux nous occuper des questions de santé  » nous confie le maire de Ngoye. Depuis lors, lui et son équipe municipale sont entrain de traduire en acte leurs promesses en mettant assez de moyens dans la santé. « Nous avons alloué 15% de nos ressources à la santé. Simplement parce que nous sommes dans une zone rurale dont la principale activité reste les travaux champêtres or, sans bras valides on ne peut rien faire. »  Ainsi, en prenant en charge la santé, le conseil municipal apporte une solution aux problèmes de l’agriculture qui est la principale activité à Ngoye. Jusque là, le maire respecte ses engagements et promesses grâce aux concours des partenaires. C’est en tout cas le constat fait par un groupe de journalistes qui a visité la commune.

Non respect des CPN et accouchement à domicile

Malgré la volonté de la municipalité pour améliorer la santé des populations, l’infirmier chef du poste de santé et la sage sont confrontés aux problèmes de respect des consultations prénatales et des accouchements à domicile. Les deux agents de santé déplorent ce fait et font appel aux agents communautaires de santé que sont les banjénou  gox et les relais qui multiplient les campagnes de sensibilisation. Le maire reconnait l’existence de ces deux phénomènes et nous confie. « Il faut que l’on se comprenne, on est dans une zone rurale, il y a énormément de facteurs bloquants comme une insuffisance de communication, des barrières socioculturelles entre autres »  Très au fait de ces situations, M. Fall ne se limite pas à donner seulement des ressources à la santé, mieux, il compte descendre sur le terrain « Toute l’équipe municipale est entrain de se battre pour accompagner le personnel médical dans la sensibilisation des populations. Nous allons organiser des fora au niveau des villages pour en parler avec les hommes pour qu’ils autorisent leurs épouses à se rendre dans les structures de santé pour les consultations prénatales. Nous n’avons pas une population très fermée, il suffit de les parler et elles comprendront. Les hommes ne sont pas si difficiles qu’on le pense et ces femmes là peuvent se prendre en charge donc il faut qu’on parle aussi avec les femmes. Dans nos contrées ce sont les femmes qui font presque tout donc il n’ya pas de pesanteur sur les femmes, c’est peut être par ignorance  et négligence. »

Les accouchements à domicile dans la commune de Ngoye sont également un fléau que le maire  veut coûte que coûte mettre un terme. Des initiatives sont ainsi prises. « Pour ce qui concerne les accouchements à domicile, j’ai  décidé à partir de 2018, que toute femme enceinte ne paiera plus les frais d’évacuations et les visites prénatales afin qu’elles soient bien suivies et  accouchent dans les structures de santé assistées de personnel qualifié. »

Un  Centre de Santé à la place d’un Poste de Santé

La Commune de Ngoye fonctionne avec un budget estimé à un peu plus de 300 millions de nos francs. Les membres du Conseil municipal qui ne badinent pas avec la santé des populations sont en parfaite intelligence avec le maire qui alloue 15% de son budget à la santé. C’est dire que ce dernier fait mieux que les gouvernements africains que l’Union Africaine avait demandé, en 2000 à Abuja (Nigéria) d’octroyer 15% du budget de leur pays à la santé. Jusqu’à présent, il y a même des pays qui peinent à atteindre les 10%.

Encouragé par le conseil municipal, félicité, remercié par la population et soutenu par le Médecin Chef du District sanitaire de Bambey, le maire de Ngoye n’a qu’une bataille à mener : « Notre bataille c’est qu’on érige le Poste de Santé de Ngoye en un Centre de Santé. Le poste de santé ne peut plus continuer à prendre en charge correctement et efficacement la population. On est en pourparler très avancé avec nos partenaires suisses On veut construire des logements pour le personnel médical et les partenaires qui sont favorables à cette requête viendront dans les mois à venir. Nous avons également le soutien du médecin chef. Avant que je ne quitte ma fonction de maire, je veux que le poste de santé de Ngoye soit érigé en Centre de santé. » Une  ambition réalisable et une belle initiative et. Pourvu que les d’autres maires s’engagent comme celui-ci qui comprends que la santé et la première préoccupation. Qui disait « La santé avant tout » ?

Mame Mbagnick Diouf

Publié le 08-12-2017 dans Sen info santé